CNC : ces précieux nanocristaux qui révolutionnent l’industrie du bois

7 novembre 2019
CNC : ces précieux nanocristaux qui révolutionnent l’industrie du bois

À seulement 20 minutes de Sherbrooke se trouve une usine unique en son genre, qui place le Canada à l’avant-garde mondiale d’une industrie encore peu connue : la commercialisation et la production de cellulose nanocristalline (CNC). Cette récente innovation promet mille et une possibilités pour l’industrie du bois, laquelle nous étonne constamment par son extrême polyvalence.

Fascinante cellulose nanocristalline

La cellulose nanocristalline (CNC) est un biomatériau dérivé du bois. On extrait ce cristal de cellulose infiniment petit des arbres et on le transforme en poudre ou en suspension liquide.

Source : CelluForce

La CNC doit son comportement unique à sa forme, à sa taille et à sa charge électrique. Elle s’adapte, entre autres, à de multiples applications grâce à la forte réactivité chimique de sa surface. Et on peut l’utiliser à température élevée sans affecter son efficacité, parce qu’elle est thermostable.

 

La CNC : une innovation de chez nous

L’histoire de la cellulose nanocristalline débute dans les années 1950 et 1960. Montréalais d’origine, Robert Marchessault travaille alors aux États-Unis pour American Viscose Company et observe l’aspect cristallin de la cellulose. Il se consacre plutôt sur la cellulose microcristalline (MCC), qui sera par la suite commercialisée aux États-Unis et dans le monde par American Viscose Corporation.

Ce n’est qu’à la fin des années 1980 que Robert Marchessault revient à Montréal, à l’Université McGill, pour revisiter ses travaux autour de la production de cellulose cristalline. À ce moment, Dr Derek Gray et son équipe, qui travaillaient déjà sur un sujet connexe, commencent à s’intéresser à ce matériau. Leurs travaux mènent à une meilleure compréhension de la CNC et au prix Wallenberg.

Puis, au début des années 2000, FPInnovations (où travaille aussi Derek Gray) démontre un intérêt pour la production à grande échelle de la CNC. C’est d’ailleurs cette industrialisation du procédé qui conduit à la création de CelluForce, en 2010, en partenariat avec Domtar. Deux ans plus tard, soit en 2012, CelluForce annonce son premier investissement : la construction d’une usine de 300 tonnes/an de CNC.

À l’aube de 2020, le Canada demeure encore un leader en matière de CNC à travers le monde grâce à son solide réseau de chercheurs établi à Montréal et à son usine avant-gardiste de Windsor. Impressionnant, n’est-ce pas ?

 

Un créneau d’avenir pour l’industrie du bois au Québec

Pour le président et chef de la direction de CelluForce, M. Sébastien Corbeil, la cellulose nanocristalline (CNC) représente l’une des futures avenues de diversification de l’industrie du bois au Québec et au Canada.

« Dans le contexte actuel, on cherche à développer des technologies à la fois vertes et efficaces. Grâce à sa biodégradabilité et à ses performances, la CNC est en pleine croissance ici et à travers le monde. C’est un nouveau biomatériau avancé, utile dans de nombreuses industries puisqu’il peut remplacer d’autres matériaux moins durables », affirme M. Corbeil.

Provenant d’une matière naturelle et renouvelable, la CNC se taille actuellement une place à l’échelle mondiale. Le savoir-faire de CelluForce permet de produire une tonne de CNC par jour, qui est ensuite exportée à des clients industriels aux fins de tests ou d’utilisations commerciales.

 

La CNC fait son chemin autour de vous

La cellulose nanocristalline se retrouve dans divers produits et industries qui font partie de votre quotidien comme l’agroalimentaire, les cosmétiques et les adhésifs. En fait, la CNC, par ses propriétés permet, entre autres, le renforcement des produits dans lesquels elle est utilisée, ce qui ouvre la voie à diverses applications possibles.

« CelluForce investit beaucoup d’efforts en recherche et développement pour promouvoir de nouvelles applications de la CNC. Nous avons d’ailleurs un laboratoire à Pointe-Claire, qui nous permet de mener des tests pour des clients potentiels afin d’assurer la meilleure utilisation possible de la CNC », explique M. Corbeil.

 

La CNC dans 10 ans

Le plus captivant avec la CNC, c’est qu’il est encore très tôt pour dire où nous en serons en 2030. Comme tout nouveau produit, la cellulose nanocristalline (CNC) doit d’abord passer par la fameuse courbe d’adoption en faisant ses preuves au fil du temps, un client industriel à la fois.

Le président et chef de la direction de CelluForce en est d’ailleurs bien conscient. L’entreprise a récemment procédé à la refonte de sa plateforme numérique et travaille activement à promouvoir l’utilisation de son produit auprès de diverses industries.

Avec une part importante de la propriété intellectuelle (brevets actifs) relative à la CNC, tout porte à croire que CelluForce accentuera sa confortable avance par rapport aux compétiteurs internationaux qui verront peut-être le jour bientôt dans l’Ouest canadien, aux États-Unis, en Europe ou en Chine.

 

Par Maude Lambert-Bonin, rédactrice pour Formabois

Merci à M. Sébastien Corbeil, président et chef de la direction de CelluForce, pour l’entrevue exclusive accordée dans le cadre de cet article. Pour en savoir plus sur CelluForce : https://www.celluforce.com/fr/

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