Woodwize, la version belge de Formabois

À l’occasion du Salon Bois & Habitat, plus grande foire du bois en Belgique francophone qui se tenait en mars à Namur et où Formabois était présent, ce fut l’occasion de rencontrer Woodwize, l’équivalent belge de Formabois.

En Wallonie, partie francophone de la Belgique située dans le sud du pays, la filière bois, c’est 8000 entreprises et 18 300 emplois directs. Woodwize s’occupe plus particulièrement des entreprises qui ressortent des Commissions paritaires 125 (exploitations forestières, scieries et négociants en bois) et 126 (industrie transformatrice du bois et de l’ameublement), ce qui représente à l’échelle nationale environ 2600 entreprises et plus de 18 000 emplois. 

À titre comparatif, le secteur bois au Québec c’est autour de 30 000 emplois directs auxquels on ajoute environ 30 000 emplois en forêt pour un total de 60 000 emplois. 80 % du territoire forestier belge se trouve en Wallonie.

Woodwize existe depuis 30 ans et compte près de 15 employés, l’organisation belge « dispose d’une connaissance approfondie de l’ensemble de la filière bois et tient à partager ces connaissances, de manière indépendante, mais engagée, avec les employeurs, les travailleurs, les professeurs et les apprentis ». Woodwize réalise sa mission à travers les formations offertes, les visites d’entreprises pour en connaitre les besoins, les conseils en ressources humaines, ainsi que le support pour l’enseignement dans le bois, via de la formation continue

Woodwize, à la différence de Formabois, s’occupe également depuis 4 ans et demi du volet sécurité et bien-être afin d’améliorer les conditions de travail des travailleurs de la filière. Au Québec, cette responsabilité est dévolue à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST). Autre différence également, Formabois produit un diagnostic détaillé du secteur bois, une responsabilité chapeautée par l’Office économique wallon du bois en Belgique qui produit PanoraBois, fascicule détaillant les différents aspects de la filière bois wallonne.  

Recrutement et promotion

Dans les deux cas toutefois, le secteur du bois fait face à un défi de recrutement de main-d’œuvre. D’où l’importance d’aider le secteur à demeurer attractif en proposant des formations continues ainsi que des moyens d’accompagnement du secteur bois afin que la relève soit au rendez-vous. 

Finalement, au-delà des formations offertes aux différents acteurs de la filière bois, à la fois Woodwize et Formabois jouent un rôle dans la diffusion et la promotion du bois dans la construction. Que ce soit par la participation à des salons de bois, par l’envoi d’une infolettre ou par l’utilisation des réseaux sociaux, les deux organisations sans but lucratif sont à la fine pointe de la connaissance en ce qui a trait aux formations et à l’évolution du secteur, qui dans les deux pays, constitue un acteur important des économies belges et québécoises. 

Vincent Rochette

Correspondant Europe pour Formabois 

Pour consulter le site web de Woodwize : https://www.woodwize.be/fr/

UN PROJET EUROPÉEN DE BÂTIMENTS EN BOIS SANS ADHÉSIF COMME ALTERNATIVE DURABLE

Dans un contexte où les changements climatiques constituent un enjeu de plus en plus important et où la construction est en hausse en Europe, des chercheurs de six États européens (Royaume-Uni, Belgique, Allemagne, Luxembourg, France et Irlande) travaillent présentement sur un projet de bâtiments en bois sans adhésif (Adhesive Free Timber Buildings).

Présenté au Salon Bois & Habitat à Namur en Belgique en mars dernier, auquel Formabois a participé, le projet répond à trois objectifs : développer des produits durables avec de bonnes performances mécaniques, ne pas utiliser de colles de l’industrie pétrochimique et valoriser les essences de bois locales. Il s’agit de travailler à éliminer l’acier et les adhésifs dans les produits en bois reconstitué. Selon le groupe de recherche, en 2014, 2 millions de tonnes de colle ont été utilisées dans la construction bois, un nombre en augmentation constante. De plus chaque année, en Europe seulement, 16 millions de tonnes de résidus de bois de construction sont envoyées dans les dépotoirs.

Les chercheurs y arrivent tout d’abord en améliorant les techniques Brettstapel, un système de construction en bois massif sans colle, fabriqué exclusivement à partir de poteaux en bois résineux reliés par des goujons en bois dur. L’amélioration se trouve dans le fait d’utiliser des goujons en bois résineux qui ont été chauffés à 130 degrés Celsius et comprimé par une presse hydraulique, devenant ainsi plus dense, sans endommager la structure. En remplaçant le bois dur de Brettstapel par des goujons densifiés en bois de résineux, la résistance et la rigidité sont augmentées.

Dans un second temps, pour les liaisons semi-ductiles, en combinant les goujons avec des plaques de bois comprimées qui relient les sections de bois, par exemple dans les liaisons poutre-colonne, on met en place une alternative à l’acier. 

Chacun des six États travaille sur un aspect spécifique du projet. Les Irlandais travaillent sur les liaisons et l’alternative à l’acier, alors que les Français s’occupent de l’étude des vibrations et de la résistance du matériau au feu. Les Allemands, quant à eux, développent entre autres des techniques robotiques de découpe du bois sans adhésifs, alors que les Luxembourgeois ont développé un outil de conception pour les ingénieurs tout en travaillant sur des modèles de simulation numérique. 

Ce projet débuté en 2016 verra son aboutissement avec le dévoilement de trois structures à la fin de l’année 2019 au Royaume-Uni, en Allemagne et en France avec comme objectif de « prouver la robustesse à long terme des poutres, des colonnes, des arches, des assemblages et des panneaux CLT sans adhésif ». 

Par Vincent Rochette

Correspondant Europe, Formabois

Source et information : https://issuu.com/open-box/docs/trada_2019/128

Sur Twitter : https://twitter.com/AFTBuildings