Panneaux de meubles plus légers et résistants dont le cœur est en mousse

24 janvier 2019

meuble_mousse

Dans un monde où la vente en ligne est en augmentation constante et où la demande pour des produits clés en main et prémontés est également en croissance, les manufacturiers de meubles en bois doivent, de plus en plus, fabriquer des meubles légers. À l’heure actuelle, les meubles réalisés à partir de panneaux en bois d’une densité moyenne peuvent aller jusqu’à 700 kg/m3 », ce qui est trop élevé.

Des chercheurs du Programme national de recherche PNR 66 en Suisse, avec à leur tête le docteur Heiko Thoemen, en collaboration avec l’Université d’Hambourg en Allemagne, ont travaillé à développer des alternatives plus légères, tout en étant de qualité équivalente.

Spécifiquement, ils ont mis au point des panneaux de particules ultralégers dont le cœur en mousse composé d’un plastique biosourcé permet de réduire le poids du matériau. Parallèlement, ils ont réussi à maintenir à haut niveau les caractéristiques de résistance du matériau.

Les chercheurs qui ont fabriqué l’alternative avaient deux objectifs spécifiques. D’abord, « le développement d’un système de mousse pour panneaux sandwich satisfaisant aux plus hautes exigences écologiques, technologiques et économiques et deuxièmement, l’optimisation de la fabrication des panneaux. »

Auparavant, la fabrication de panneaux avec mousse était la somme de trois opérations distinctes, soit les deux parements et la mousse, ce qui coûtait cher et était inefficace. Or, le nouveau procédé développé par le professeur Thoemen et son équipe a permis de faire la fabrication en une seule et même opération, ce qui est également une réussite sur le plan environnemental.

Ce n’est pas la première fois que des chercheurs travaillent sur une alternative dont le cœur est en mousse. « La production du cœur en mousse en conditions industrielles avait toutefois posé quelques difficultés », selon l’équipe suisse.

Comment le docteur Thoemen a-t-il réussi où d’autres avaient éprouvé des difficultés avant lui ? En contrôlant les températures. « Les scientifiques ont donc relevé ce grand défi qui consistait à modifier les températures de production des parements et du cœur en mousse de telle sorte que tous les processus puissent être effectués simultanément dans la même plage de températures. Il fallait donc que les conditions d’expansion du cœur en mousse correspondent aux conditions de durcissement des colles employées pour les parements. »

Pour la suite ?

Évidemment, cette innovation scientifique a attiré les différentes compagnies européennes du secteur du bois. Toutefois, à l’heure actuelle, pour mettre en place un tel processus au niveau commercial, des investissements de 150 millions de dollars canadiens (100 millions d’euros) minimums seraient requis. Le professeur Thoemen, en entrevue avec Formabois, propose plutôt d’y aller de manière progressive et à plus petite échelle pour débuter.

Vincent Rochette

Correspondant Europe, Formabois

Source : http://www.nfp66.ch/fr/projets/plate-forme-dialogue-3-innovations-nouvelles-applications-materiaux-bois/projet-thoemen

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